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NOUS INTEROMPONS NOS PROGRAMMES

Juste un mot pour signifier que le blog reprendra en septembre, la vie est riche et belle en dehors du virtuel, et je n ai pas le temps (ni l'envie) d'écrire, j'ai reçu badge et t-shirt, je vous raconterai mes experiences à les porter !

BONNES VACANCES, BELLE ETE A VOUS.

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DIES IRAE

On est souvent surpris de mes colères, de mes excès d'émotions violentes, certainement, parce qu'il n'y a aucune strate, ils ne montent pas, ils arrivent, ils sont là, sans frapper à la porte, sans préliminaire.

Chez moi, ce n'est pas graduel, il n'y a jamais eût de marches.

Je suis d'un naturel très calme, très doux. C'est un fait. Parfois on peine à entendre ma voix, qui est faible, au débit lent, et trainant, parfois, on m'a oublié dans une pièce, parce que je fais ma petite vie, et que je ne fais pas de bruit. 

Parfois, dans la conversation, je peine à me faire entendre, mes mots ne sont pas entendus, pas repris, pas écouter, il faut alors monter le volume pour se faire entendre, on se dit alors :"tiens, elle peut parler fort".

Ben, oui....

Je n'ai jamais fait de colère au travail. Je me l'interdis. Je me censure. Je pars dans les toilettes me calmer, et si c'est insuffisant alors je vais m'effondrer en pleurs, seule. Impossible à partager ces moments de douleur. De souffrance. Parce qu'un résident a été, à mes yeux, irrespecter, ou moquer. Parce qu'on m'a mal-comprise et qu'on m'a taquiné méchamment. Oui, je sais, l'intention n'est pas de me blesser....Blablabla....

J'ai été une enfant difficile, colérique, violente. J'ai cassé des dizaines de choses. Des plus banales, aux plus précieuses. J'ai été violente physiquement, contre moi-même, contre les autres, ceux qui m'aimaient et les autres. Impossible de me contenir, je pouvais mordre, taper, gifler, mettre les doigts dans les yeux de l'autre, uriner sur l'autre, gifler le visage, tirer les cheveux....

Une fois passé : le vide, je restais dans ma chambre pendant des heures, des nuits, effondrée par terre, parmi mes objets fétiches, à sangloter, pleurer, renifler, sans qu'aucun mot ne puisse sortir.

Ma mère m'a dit l'autre jour, que j'oscillais entre phase de colère/violence et phase de mutisme long. Que je ne parlais pas de mes ressentis sauf pour dire "ça va pas", point barre.

Adolescente, ça a continué. Le registre de la dépression a pris le dessus, ainsi, je suis allée consulter des spécialistes, et je suis "tombée" sur mon psychiatre à qui je dois beaucoup, mon re-père comme je l'appelle.

Une fois adulte, bien des années après notre première rencontre, j'avais alors 15 ans, et mon grand-père venait de décéder, il m'a expliqué que chez moi comme pour beaucoup de personnes, la dépression est une energie destructrice contre soi-même, alors que la colère est contre l'autre. Chez moi, ce feu-intérieur est toujours allumé, il est puissant et il brûle l'autre ou moi-même.Je comprends mieux mon attachement à "pyromane", la chanson de NoirDésir (Alex, et Stéphane, si vous connaissez...).

Mes colères étaient quand même présentes. Elles étaient vives quand il y avait maltraitance faites aux animaux,et aux personnes fragiles : personne âgée, personnes avec des troubles psys, marginaux....

J'ai cotoyé ces personnes, et j'ai généralement été bien avec eux, encore aujourd'hui ce sont les personnes que je fréquente, et avec lesquelles je me sens la mieux.

Quand je prends soins d'eux, je prends soins de moi.

Quand je défends leur droit, et en exigeant qu'on les respecte par une communication polie et un comportement digne, c'est moi à qui aussi je fais du bien. Je le sais.

Personne est un saint,ou une héroine de fiction, je n'ai pas l'envergure d'un l'abbé Pierre ou d'une soeur Emmanuelle lol, ces personnes là sont rares.

La colère, elle vient, parce que je m'exprime peu, je ne régule pas, rarement à l'oral.

Si quelque chose ne va pas, ou me vexe, je peux m'adapter (et oui putain de suradaptation), faire semblant, porter le masque social voulu, impossible de savoir ce que je dissimule, car oui, je reste un imposteur, une masquée, il n'y a que mes intimes, pour avoir connu mes colères, mes violences, mes débordements qui auraient pu m'amener aux portes de la psychiatrie, si je n'avais pas autour de moi des gens conciliants.

J'ai une vie sociale très appauvrie. Mais je continue de fréquenter régulièrement mes proches. On se voit, on organise des moments de partage. Avec certains j'écoute du son et boit des bières, avec d'autres je reste avec (nos) les chiens et on se ballade ou on regarde un film, ou on discute autour d'un repas de mon choix. Avec d'autres, on va aussi dans la nature se promener souvent peu parler ou de ce que l'on aime.

Pas de soucis, ces personnes ont connu mes humeurs, mes eruptions volcaniques, les débordements, les mots qui vexent, elles savent qu'il n'y a pas malice...

Faire rentrer quelqu'un dans ma vie, qu'elle soit sociale, sentimentale est donc à ne pas prendre à la légère.

Il faut de la maturité, de la force de caractère, car le tsunami que je suis peut vous envoyer dans le mur en quelques secondes, j'ai l'habitude de dire en rigolant que je porte un sac à dos avec des kalachnikovs verbales que je dégaine, et comme je peux passer d'un mutisme et d'une réserve éteinte à une attitude furieuse,l'autre n'y est pas préparé, et ça peut faire mal.

Travailler en psychiatrie, être avec des personnes ayant des troubles mentaux, psychologiques m'a appris que la fragilité, les fêlures font croire à tord que nous sommes inoffensifs !!!!!!!!

Victime d'un passé douloureux, d'événements traumatiques, de maladies mentales, nous serions alors des victimes naives et incapables à notre tour de faire mal, incapable de devenir responsable, coupable.

Beaucoup de soignant(es)s se font attrapés et fusionnent avec ces personnes si elles ne se positionnent pas, elles donnent, elles prennent en pitié, elles se révoltent contre ce qui a provoqué tant de souffrance et de dégats dans la vie du malade...et 1/2 cas, elles se prennent dans le visage, bien de la violence à leur tour.....Le malade n'est pas un bisounours, la souffrance inclut bien des abimes, bien des tourments dans lesquels précipiter l'autre si il est mal ancréer. La souffrance n'est pas un jeu, la maladie encore moins, et prendre l'autre en pitié ou le regarder qu'à moitié est une vraie idiotie, le bombarder de tendresse et de douceur également.

La colère est toujours tapi en moi, c'est un instinct de survie, de protection. Elle me permet de mettre l'autre à distance, de le dégager quand il est trop près, trop envahissant, trop pénétrant, et que je n'en veux pas/plus.

Je ne sais pas vivre sans elle, et je ne veux pas, à 43 ans, c'est trop tard, et à bien y réfléchir, elle m'a sauvé la mise, alors, je veux continuer à vivre en sa compagnie.

Elle m'a permis de comprendre les résidents en Ehpad, et beaucoup de malades en psychiatrie, alors je lui dis merci avec tendresse.

Elle m'a permis de dégager de ma vie des personnes qui se sont montrées irrespectueuses, et d'autres qui n'auraient pas tenu la ramer, qui étaient bien trop fragiles et lisses pour comprendre et tolérer mes marécages intérieurs.

Elle m'a permis de comprendre quel fonctionnement va être susceptible d'amener une relation de confiance, et effectivement, quelqu'un qui ne se positionne pas, qui n'est pas congruent, qui manquent d'honnêteté, va m'alerter et me mettre en position "alerte', ainsi, la communication non virtuelle, va m'aider, là où la communication virtuelle m'épuise, m'agace, me fait perdre pieds car je n'ai aucun repère, aucune aide pour savoir à qui j'ai à faire.

De là, le fait de ne pas donner suite, de ne pas poursuivre des relations, et parfois la colère.

Et la rupture.

 

 

 

 

 

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ET LE SOLEIL SE LEVE....

Il est fréquent de lire sur le net que parler de ses difficultés fait du bien, qu'on se sent moins seul, que ça soulage, que ça apporte du réconfort.

Un peu comme avec des groupes d'entre-aides ont partage alors sa peine, sa colère, ses expériences...

J'ai connu ça dans les hôpitaux avec les groupes de personnes souffrant d'alcoolisme, d'un cancer, ou bien pour les personnes ayant un parent atteint de démence, ou d'une maladie neurologique invalidante.

Au risque de choquer de froisser les uns et les autres, j'ai un fonctionnement différent et une façon de vivre différente.

Dire à l'autre que j'ai des problèmes dans mes interactions sociales, et expliciter dans ce sens concrètement ça ne m'aide pas, avoir en face de moi un alter-égo qui va faire écho à ce que je dis, en me disant "oui moi aussi' ne m'aide pas.

Je ne suis pas aidée par le fait de verbaliser mon ressenti et que l'autre me dise "idem".

Se regrouper et parler de ses problèmes au quotidien, entendre des anecdotes autour de moi qui me laissent à penser que pour l'autre aussi c'est inconfortable voir traumatique ne m'aident pas.

Brasser des insatisfactions et des violences intérieures devant l'autre, et avec l'autre me déprime totalement.

CONTRE-PRODUCTIF.

Je n'en ressors pas avec un sentiment d'avoir rompu ma solitude pendant quelques heures, d'avoir avancé dans mon cheminement intime, ou d'avoir créer des relations saines, j'avoue même que c'est l'effet inverse.

Je n'ai pas un sentiment de compréhension quand l'autre dit comme moi en me racontant son ressenti, et ses expériences même si elles sont similaires aux miennes dans le fond.

Je suis par nature une personne très discrète et pudique. Je suis sur la pointe des pieds, à condition qu'on me respecte.

J'accueille mes colères et mes déprimes avec la même capacité d'ouverture que mes joies et mes peines.

Elles seront d'autant plus passagères que je serais les accueillir avec bienveillance comme une amie qui frappe à ma porte pour m'apporter des nouvelles que je n'avais pas depuis longtemps.

Je me sens accepté, et accueilli par l'autre parce que cet autre va m'écouter sans jugement, me poser des questions pour me connaitre mieux, s'intéresser aussi à ce que je ressens. Il est des neurotypiques bienveillants et des autistes d'un égoisme et d'une méchanceté sans pareil, et inversement.

Faut arrêter avec ces représentations qui polluent certains blogs, et certains sites, qui font de l'autiste une personne qui ne fait pas de mal, pure, et dénué de calcul. Le neurotypique versus autiste me fait dresser les cheveux sur la tête quand on n'y lit des oppositions constantes.

Si nous nous trouvons des points en commun, je vais être heureuse de les partager, avec passion, je vais sans doute, faire ma wikipédia-girl (Stéphane si tu me lis...), et solliciter l'autre pour qu'il m'apprenne encore plus de choses sur ce que nous aimons. Si je sens que l'autre est heureux, satisfait, content alors je le suis doublement.(à condition qu'il me le dise car je peux ne pas déchiffrer, mais alors je demande tout simplement)

Et dans ce rapport, j'oublie mes difficultés et mes limites car elles n'existent plus/pas, souvent pour un court instant, car j'ai besoin de me reposer vite également.

Par ailleurs, ce que j'apprécie c'est l'échange d'outils.

Dire qu'on est pas bien, qu'on a des problèmes est une chose. Il faut bien sûr écouter ce qui ne va pas.

Mais à un moment donné aussi, il faut aussi rebondir, et s'ouvrir à ce qui peut aider.

Les outils divers et variés m'intéressent. Au début, je me suis arrêtée sur le diagnostique, et j'ai accumulé les données et je faisais des aller-retours entre moi et les livres : "j'ai ça, pas ça, et puis j'ai eût ça et pas ça..Ah si enfant je faisais déjà ça..." au bout de plusieurs mois dans cette démarche là, j'en suis sortie fatiguée.

Qu'importe au final....

Ce que je veux c'est vivre avec mes potentiels et mes handicapes, et qu'on me laisse vivre comme j'en ai envie....Faut il savoir ce dont on a envie et c'est pas le DSM 4/5 ni le CRA qui vont nous le dire.

Je ne mets plus d'espoir dans certaines relations, parce que je sais que ça ne correspond pas à mes attentes.

Je ne vais pas dans certains lieux parce que je sais que je ne pourrais pas y rester par le climat/l'environnement et ses gênes.

Je ne vais pas faire tell ou tell activités parce que je vais fournir tellement d'effort d'adaptabilité pour un minimum de joie que c'est à brève échéance voué à l'échec.

Nul besoin de me lamenter, ou de savoir pourquoi, ou de partager mes erreurs, mes analyses, j'ai des potentiels que je vais exploiter, et je vais trouver le contexte où je vais pouvoir les cultiver, et si c'est en dehors de la société et bien c'est ainsi, pas besoin du regard des autres, ou de l'approbation ou de l'avis de l'autre sur mes choix, qu'importe.

Je sais que plus je gagne en confiance en moi, en stabilité émotionnelle, et que mon socle intérieur est solide et plus je vais pouvoir aller dans la société, et vivre avec les autres, même si je suis souvent incomprise, ou blessée, critiquée car je suis une femme atypique. Mais je ne sacrifierais pas ce que je suis fondamentalement et dès lors les personnes qui restent et vous tendent la main sont ceux et celles qui ont compris les trésors que vous avez en vous, il est bon d'avancer avec eux dans la confiance.

Et ce n'est pas en brassant de la  douleur, des blessures que le soleil se lève.

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CHEZ LE DENTISTE

J'ai des soins chez le dentiste qui ont commencé. Je sais que jusqu'à octobre, une fois tout les 15 jours, je dois réserver 1 heure à mes dents qui ont besoin d'être soigner, je suis en chantier comme je m'amuse à le dire.

Dur dur pour une autiste que les visites chez le médecin, dentiste, gynéco, labo pour les prises de sang, soins infirmiers comme les réfections de pansements....

J'ai très peur des piqûres et je peux compter sur mes collègues de travail pour les faire, mais c'est tout une organisation car je dois me détendre, et je suis soudainement une petite fille de 6 ans qui peut s'écrouler en pleurs par douleur ou angoisse.

Pour le reste, j'ai mon médecin de famille, il me connait depuis que je suis enfant, donc il sait aussi comment faire pour aborder certaines problématiques, particulièrement, les visites gynéco.

Mais le plus effrayant et que j'ai du repousser jusqu'à ce que cela ne soit plus possible, c'est la visite du dentiste.

Je me lave les dents au quotidien mais par héritage familiale malgré une dentition visiblement de qualité (dents alignées et blanches) j'ai besoin de soins.

Du coup, il a fallu envisager le choix du dentiste....et lui dire mes problèmes neuro-sensoriels.

J'ai choisi un dentiste qu'une résidente adore, et comme elle est peureuse, je me suis fié à ce qu'elle m'en avait dit...Que du bien.

Je n'ai pas expliqué ma problématique avant la prise de rendez-vous ; le personnel soignant, paradoxalement est.....xxxxxxx quand on lui annonce "bonjour, j'ai besoin de soins, mais voyez vous, j'ai un soucis, je suis autiste et donc....."...Ne soyez pas surpris d'entendre "ah mais madame, nous n'avons plus de place pendant 2 ans"(surtout si vous savez que le spécialiste prends des clients nouveaux).

Une fois le rdv pris, il faut expliquer tout t'abord à la secrétaire, car c'est elle qui va rappeler au dentiste qui vous êtes.

Je le vois dans mon travail d'infirmière, nous devons souvent reprendre les particularités des malades afin que le médecin identifie la personne et se refasse une idée plus judicieuse.

Pour moi, ce fût simple : "- madame, j'ai des particularités neuro-cognitives, et donc je suis hypersensible à la douleur, aux sons, aux odeurs".

Réponse : -"oui comme tout le monde".

"- oui c'est juste mais c'est encore plus accentué pour moi"

Réponse : "- personne n'aime le dentiste'.

"- Je ne vous parle pas d'aimer ou pas. Je vous préviens juste que j'ai des perceptions que d'autres non pas et pour que cela se passe bien, je vous demande d'en prendre conscience"

Réponse : "- nous prenons soin de nos clients'

A ce stade là, deux chose : j'ai exposé ma situation j'ai parlé clairement, je me suis positionnée. Par conséquent, je vais rester moi-même, ils verront bien...

Je répète la même chose au dentiste. Qui ne me répond pas, ou par des questions personnelles du style "ah, vous êtes malade, vous avez des allergies", ou"vous êtes une grande peureuse alors??".

A ce stage là, même chose dans ma tête : vous êtes prévu, la balle est dans votre camp.

Mes soins se sont bien passés.

Le dentiste, vieux homme de 60 ans,  précis et d'un calme absolu, m'a expliqué brièvement les choses, les trop d'information m'embrouillent la tête.

Il m'a demandé de faire un exercise de visualisation d'un paysage que j'aime (j'adore ça et du coup j'étais partie en pleine montagne, très concentrée sur ma visualisation, et entendant ce qui va avec et non les bruits des outils de travail)

J'ai fermé les yeux, 

J'ai senti tout le long du soin mon corps dans le fauteuil

J'ai senti mon parfum dans mon cou

Je lui ai demandé qu'il charge l'anesthésiant, ce qui peut-être possible, en ajoutant une autre molécule.

La voix de mon dentiste est resté très très basse, minimum de mots, minimum de gestes.

Je me suis laissée aller entre deux soins à verbaliser mes ressentis, au risque d'être prise pour une tarée :"j'étais dans ma visualisation à la montagne, c'était bien, j'étais montée sur un aigle"

Ben, oui, doc, j'étais sur un aigle, c'est ainsi !!!!!!!

Tout s'est bien déroulé, je suis restée 6 heures la bouche anesthésiée, aucune douleur après, et l'envie de revenir plus tard pour avoir une dentition saine.

La secrétaire m'a tout expliqué pour les fois suivantes, elle a du répéter encore et encore les informations. Je lui ai dit que c'était le stress qui faisait que je perdais le fil de ce qu'elle me disait, et provoquait une grande perte de concentration, et que c'était un trait de mon fonctionnement.

J'avais besoin d'une grande réassurance, c'était ainsi.

J'ai du passer pour la tarée du coin mais en bilan, je peux dire que le fait de verbaliser ces attentes, ces difficultés, ces besoins, et que ce soit respecter, fait que 50 %  du chemin est fait.

Si il avait été un boucher, et bien je peux vous dire que je serais partie sans payer, et la tête haute, même en milieu de soins, je l'ai déjà fait, et je me fous de la réaction du praticien, je ne suis pas là pour subir des agressions sur un acte déjà en lui même agressif.

Le seul hic mais il est avec tout le monde quand on a un handicap, ou une particularité invisible est que les gens ramènent tout à la normalité et à eux-même.

Et du coup, ils ne vont pas à la rencontre de l'autre dans ces particularités :

"ok, c'est comment pour vous alors la douleur"

"ok, vous avez des particularités, quels sont vos attentes pour les soins à venir"

"comment pouvons nous vous aider concrètement,"

Ce sont des phrases que j'utilise dans mon travail et ça m'aide considérablement à personnaliser mon approche avec des personnes qui ont aussi des particularités : démences....

Je suis autiste et infirmière, et je pense que je vais finir ma créer des fascicules pour la prise en soins des adultes autistes sans déficience intellectuelle, car si j'ai de l'aisance à parler et expliquer, d'autres ne l'ont pas, et si j'ai pu mettre en mots mes ressentis, d'autres non.

Mettre les doigts dans la bouche d'une personne autiste est un vrai traumatisme si il n'y a pas un maximum de respect physique et psychologique.

J'insiste. 

Dire qu'on est autiste ne suffit pas, c'est encore considéré à tort comme tout un tas de choses erronées et au final cela va être contre-productif. Je préfère dire que j'ai une particularité neuro-cognitive et une hypersensibilité généralisée. Si je vois que je peux aller plus loin alors j'avance le fait d'être sans déficience intellectuelle, et je finis par dire que je suis autiste.

Je préfère expliquer mes particularités et mes attentes, mais pas expliquer ce que j'ai en terme de diagnostique (diagnostique=maladie).

 

 

 

 

 

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BADGES ET T-SHIRT TSA

Voilà maintenant quelques temps, que j'ai en tête une idée, mais bon, elle trotte, elle trotte et voilà que ce matin, j'ai décidé de passer commande.

Cette introduction est floue, j'en conviens, je vais vous expliquer.

En été, je porte comme tout le monde des t-shirt, je les aime en coton, d'une coupe simple, mais confortable, et avec un col rond, la couleur m'indiffére mais j'avoue qu'un joli rose fait mon bonheur, mon côté "petite fille" peut-être.

J'ai fouillé sur le net pour trouver un t-shirt qui indique que je suis autiste!!!

A la source, mes passages dans des grandes surfaces, et le fait d'être au bord parfois du malaise à être comprimer une fois arriver en caisse, le temps de garer mon caddy, de décharger mes produits (je fais une course par semaine donc c'est conséquent donc long), de ranger et de payer, et je suis traditionnellement emmerdée par des personnes qui se collent dans mon dos, qui me poussent, qui puent!!!!oui j'insiste tout le monde ne prends pas sa douche et ne sent pas bon ou juste ne sent pas, me postillonnent, parlent fort comme si le monde entier devait les entendre, voir me regardent comme si j'étais une star de la chanson.

Je suis d'accord pour laisser passer les handicapés physiques, personnes-âgées, et enceintes en caisse, surtout aux caisses dites "handicapées", mais moi alors dans tout ça, ne suis je pas aussi handicapée ?

Je suis plusieurs fois tombée dans les pommes, par hypotension et malaise vagal selon moi, et j'ai été blessée dans ma chûte, hormis le fait de me  réveiller et d'être très gêner, j'avoue que les plaies et les bosses sur le visage et le crâne on s'en passe aussi.

Je peux aussi sortir du magasin,franchement énervée et anxieuse de ma très très longue attente en caisse, non pas des courses à proprement parler mais de mon impatiente angoisse d'être confrontée physiquement aux personnes,et à cette proximité insupportable, et je ne parle pas de certains hommes qui viennent se flanquer contre mes fesses, beurk.

J'ai été amené à me positionner. De façon violente. Je l'avoue. De façon polie et courtoise, en souriant alors que rien ne me dispose à ça, en parlant simplement, et en vérifiant que mon message est compris.

Les réactions sont diverses et variées mais je sens bien dans leur réaction que je suis mal-polie, mal-élevée, pourquoi pas étrange et bizarre, bref, il ne comprenne pas. Alors souvent ben ils n'en tiennent pas compte, les gens, et passé une minute de surprise à reculer, hop ils se rapprochent, au moment du paiement ou au moment où je range mes courses dans mes sacs puis ces derniers dans mon caddy soit parfois 10 bonne minutes et oui je ne suis pas Stallone je suis pas très forte physiquement donc piano.

Idem dans les autres rares magasins, aux passages des caisses.

Chez la boulangère, à l'épicerie, la poste, les médecins (dentiste, généraliste). Ce sont des lieux où je suis obligée d'aller.

Quand je me promène en campagne, je n'ai pas ce problème mais je n'aime pas trop qu'on vienne me parler, surtout quand je ne suis pas préparée à être en mode "interaction sociale", et que j'ai un désir viscéral d'être seule donc sans parole.

Cependant, cela m'est arrivée, m'arrivera encore. Surtout quand je promène mes chiens. Deux gros molosses ne passent pas inaperçus et suscitent des réactions, c'est normal.

Pour en revenir à cet article, j'ai donc décidé de choisir un t-shirt et un badge qui informent celui/celle qui le lit que je suis autiste.

Je précise que je n'ai pas de lien commercial avec le site dont je vais "faire la pub" en quelque sorte, qu'il n'est pas mon sponsor.

J'aime le message comique mais sérieux des deux produits, le fait de joindre l'utile à l'agréable avec le t-shirt. Le badge je peux le mettre partout : sac, pull, veste, écharpe, trousse au travail, en formation....

Les deux messages sont les suivant : "je ne suis pas mal élevé(e), je suis autiste", et l'autre "je suis autiste, et je vous trouve moi aussi étrange...Vraiment".

Exactement ce que je pense depuis toujours, et ce que je continue de penser au contact des autres.

Je n'ai aucune agressivité, elle vient comme chez tout le monde, parfois, selon mon seuil de tolérance à ce moment là, et j'essaie de la gérer comme je peux, elle n'est pas naturelle, ni spontanée, ce qui est naturelle, est l'inconfort qui peut provoquer des malaises, ça je veux l'éviter, car ils peuvent être conséquents.

Parfois les mots ne suffisent pas. Parfois si.

Je ne suis pas naive, cela ne va pas être magique, et je vais continuer de faire comme je fais, mais du coup, je pense que cela peut faciliter l'échange, ou faciliter la réponse de l'autre et donc permettre que j'ai la paix tout simplement et aussi je l'avoue modestement cela peut-être aussi de parler concrètement du tsa, en tout cas, du mien et ça c'est très important pour moi et de plus en plus, j'y reviendrai.

Je ferai des petits articles sur mes expériences quand je vais porter soit le t-shirt soit le badge.

Je vous mets donc en lien les deux articles, et la possibilité aussi d'en acheter d'autant plus que le site propose des réductions intéressantes en ce moment. Il y a d'autres objets au choix, personnellement la tasse ou le sac ne me donnent pas envie, et n'ont aucune utilité, les autocollants, coque portable n'ont plus.

N'hésitez pas à m'envoyer vos avis, en commentaires ou MP comme d'habitude, je serais heureuse de les lire et éventuellement échanger avec chacun d'entre vous.

https://www.zazzle.fr/autiste_de_suis_de_je_badge-145372599952988668

https://www.zazzle.fr/eleve_du_pas_cma_de_suis_de_ne_de_je_de_t_shirt-235445706738665899

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ANOREXIQUE ?

Dernièrement, j'ai lu et relu un article sur un blog que j'affectionne. 

La femme qui le tient est asperger comme moi, et a écrit un article qui m'a marqué, et dont les dites marques sont encore dans moi, il fallait aller voir à quoi, à qui, ces mots faisaient écho.

A partir de mes 20 ans, donc tardivement, j'ai commencé à avoir des comportements alimentaires bizarres, (aux yeux des gens) ; j'ai exclu de mes menus des aliments que je ne supportais pas, non pas que le goûts ne soient pas bons, mais il m'était devenu impossible d'en manger, je ne serais expliqué pourquoi, mais rien que leur présence à table, pouvaient me donner envie de vomir.

La charcuterie, les gâteaux apéritifs, les sauces, le pain blanc, les sucreries, les gâteaux industrielles dans leur emballage, ce qui contient du sucre blanc en quantité "importante", certaines glaces, les mac do, la mayonnaise, les entrées grasses type rémoulade, les quiches....

Par ailleurs, j'adore les chips, et faire mes propres gâteaux, ainsi que le chocolat à 99%, la bière... va savoir, la cohérence dans tout ça.

Pour des raisons économiques, on peut dire, une très grande pauvreté,( pendant mes études, trois ans,) j'ai eût à choisir entre payer mes livres et mon électricité et faire des courses.

Je me suis privée mais sans aucune gêne, ni plainte. En effet, le fait de ressentir la faim dans le ventre, n'était pas une sensation désagréable au contraire.

A l'époque, j'avoue que j'avais autre chose à faire et à vivre que de m'interroger sur ce ressenti particulier, que je n'ai partagé avec personne. Là, où mes collègues dévoraient bonbons et gâteaux, boissons sucrées type soda, cola....je buvais un thé vert, ou de l'eau sans envie, jalousie, une pointe de dégoût par contre était toujours présente, ce qui me faisait partir rapidement, la nausée aurait engendré des vomissements ou des maux de tête/ventre.

Mes collègues ne m'ont jamais fait de remarques désobligeantes, sur mes habitudes alimentaires, mes étrangetés, j'ai fini par ne plus déjeuné à la cantine de l'hôpital, je préférais être chez moi, à écouter la radio, et ne pas subir ce moment ignoble du self!!!!!

Quand j'ai rencontré mon ami, j'ai rencontré un cuisinier, le précédent était aussi cuisinier, il a été attérré par mes habitudes : salades, jambon blanc, yaourts 0%, fruits, muesli...Il a ainsi dire tout repris en main,( nous avons vécu rapidement ensemble donc il préparait tout les repas.)

A notre séparation, j'ai vite repris mes habitudes et j'ai perdu des kilos, impossible de mettre en pratique ce que j'avais appris, je reprenais mes rituels d'étudiante.

Par la suite, et au fur et à mesure que je me suis éloignée pour ainsi dire de tout un tas de symptômes : angoisse, phobie sociale, dépression, anxiété, toc.....que j'ai changé ma façon de vivre, de me voir, et de considérer ma place dans la société et auprès des autres, j'ai aussi développé une autre façon de manger plus saine et plus en accord avec moi-même, je suis devenue végétarien, puis végétalien, puis végan.

Mes prises de sang se sont normalisées à partir de ce choix de vie. J'ai arrêté d'avoir des douleurs abdominales, des sauts d'humeur, des problèmes de peau, de l'asthme, j'ai trouvé de la cohérence, de la douceur, durant mes repas, j'ai trouvé ma façon de manger sans tenir compte du regard des autres, des diktats de la société et des grandes surfaces, et je me fais plaisir.

Cependant, je dois reconnaitre et avoir en tête, que lorsque j'ai des émotions très fortes, heureuses et malheureuses, impossible à verbaliser, partager, voir identifier, alors je cesse de manger, ou je réduis considérablement mes apports.

Dernièrement, j'ai perdu 1 kgs, car j'ai été d'une part confronté à la canicule, mais aussi à ma formation de trois jours, et à des événements intimes pertubants, de suite, les repas ont sauté, j'ai passé un temps infini à lire et écouter de la musique et sacrifier ces temps de se nourrir. Heureusement, j'ai l'instinct de boire de l'eau en bouteille.(perdre un kilo est beaucoup quand on a un imc maigre)

L'année dernière, lorsque je suis allée en formation en Dordogne, malheur à moi, j'ai fondu comme une glace au soleil.

C'est en me croissant devant la glace du salon de ma propriétaire que je me suis aperçue de ma maigreur, je me suis pesée et j'ai pleuré, j'étais devenue en un mois un sac d'os.

Mes apports caloriques étaient pauvres, et je marchais beaucoup, la formation me bouffait !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Et le contact trop intensif auprès d'inconnus alors que j'étais loin des miens me rendaient la vie insupportable.

J'avais besoin de mes repères, de ma campagne, de mon ami et de ma maman, mais ils étaient à 400 kms.

Il a fallu serrer les dents.

Quand je suis revenue, je suis allée chez une copine, qui m'a mise devant un miroir et m'a dit (et je la remercie) "tu es rachitique", elle avait raison, je n'avais pas vu mon corps en entier, et je lui ai même dit que son miroir était faussée, qu'il amaigrissait, mais au final, ma copine avait le même profil dans le miroir et quand je la regardais, j'étais terrifiée car je ne me reconnaissais pas. La femme devant moi, ce n'était pas moi.

Elle a eût la grande idée de me conseiller d'acheter un miroir sur pied et de me voir tout les jours, afin de prendre conscience de mon corps, et de qui je suis physiquement. Je lui en serais éternellement reconnaissante.

Elle a certainement eût l'audace de me dire ce que personne ne m'avait dit, ou avec diplomatie "tu devrais manger plus", "t'as pas maigri, toi ?", des phrases que je ne comprends pas, auxquelles je ne sais pas/peux pas répondre, qu'est ce que  ça veut dire. Devoir manger plus, maigrir=perdre du poids, sans doute, ma balance est faussée....étrange relation avec son corps.

Depuis, j'ai pris du poids, et je me surveille mais 1/mois avec une balance qui fonctionne, j'ai repris des formes féminines : fesses, poitrine, mais mes jambes ont subi une fonte musculaire et elles restent fines.

Mais je sais que quand je commence à sauter un repas, et prendre plaisir à ça, et adorer la sensation de faim dans mon corps, c'est "mauvais signe" ce sont les signes qui me font dire : qu'est ce qui va pas? 

Dès que j'ai identifié mes craintes, toujours les mêmes, je recommence à manger plus, et je reprends goût aussi à la vie.

Je sais que je suis fragile, et que je le resterai toute ma vie. Je sais que mon corps a subi des violences physiques, et que je me suis anesthésiée et que je continue aussi à le faire parfois en souhaitant le faire taire, dans ses besoins, dans ses douleurs aussi.

Je me vis comme une femme morcelée, et j'ai de la peine à saisir physiquement que mes mains et mes bras sont à moi, ainsi que d'autres parties de mon corps, alors quand mon corps a crié famine, j'étais satisfaite, pleinement heureuse, de le sentir vivre, j'avais la sensation d'être entière, et non-morcelé.

On peut devenir accro à cette sensation de faim, la ressentir est apaisant car on prend conscience de façon corporelle qu'on est bien à soi.

Je continue de ne pas manger le matin, je ne peux pas, cela n'est pas possible.

Je mange par contre à midi, et le soir, je fais des collations au travail à 11h /17h car je bouge beaucoup et j'aime me pauser en mangeant des fruits et du pain. Chez moi c'est inutile, j'ai des menus doudou suffisament complets, sains, nutritifs, et délicieux pour ne pas me carencer, pour ne pas tomber malade.

Paradoxalement, quand on ne mange pas, on a un sursaut d'énergie, et on a une grande disponibilité intellectuelle, qui s'explique physiologiquement, les personnes anorexiques ou qui jeûn en parlent beaucoup, elles en parlent comme de quelque chose de très addict.

Quand on ne maitrise pas ce qu'on voudrait contrôler à tout prix, les émotions par exemple, alors maitriser son corps est quelque chose qui peut devenir vitale, non négociable, quite à sacrifier vie sociale, vie amoureuse....Santé.

Quand j'ai commencé à lire des ouvrages, sur le tsa, j'ai été surprise de vérifier que bon nombre d'aspigirls étaient ou avaient eut des problèmes en lien avec le nourrir ; davantage en lien avec la restriction que l'hyperphagie. Beaucoup avaient un profil végan/végétalienne/végétarienne en lien avec une philosophie de la vie très respectueuse et très sensible au Vivant surtout les animaux bien évidemment.

Ce qui m'a beaucoup aidé et continu de m'aider ce sont les soins que je m'apporte, ceux en lien avec mon corps. J'en prends soin mais de façon très douce : méditation, vtt, marche, ballade,et je me masse beaucoup pour reprendre contact avec lui, position de yoga, et respiration en pleine conscience.

J'y passe du temps mais j'y trouve tellement de bien-être.

Autour de moi j'ai connu des jeunes femmes pour qui l'hospitalisation en psychiatrie, ou en gastrologie a été une vraie catastrophe, étiquetées comme un pull "anorexique mentale" je peux vous dire que ce diagnostique effraie le monde médical et suscite le rejet et de nombreux préjugés également, surtout des soignantes. Ces femmes complexes, compliquées à prendre en soins demandent une approche tout aussi fine et précise, la plupart se sont tournées vers un CRA et ont été diagnostiqué autiste/asperger. Elles ont pu prendre en compte les particularités de leur fonctionnement, et être tolérantes, accueillantes avec elles-même, là où l'hôpital ne l'est pas.

Le TSA au féminin est encore très très mal-connu, et souffre peut-être d'un manque d'études,de recherches, car la femme asperger s'adapte, se sur-adapte, fait le caméléon.

En n'oubliant pas ce trait spécifique de ce fonctionnement, et par ce blog, j'essaie de transmettre l'idée suivante : rester vous-même, ne sacrifiez pas qui vous êtes, pour personne, ce qui est précieux c'est VOUS, rien ni personne n'est plus précieux que vous même.

Les diktats de la société actuelle sont d'un poids létal, surtout sur la femme, que dire de la femme asperger, c'est tout un travail intellectuel, et de réflexion à faire quand on suppose ou qu'on a été diagnostiqué aspergirl, afin de répondre positivement encore et encore à nos différents besoins, et non répondre à des injonctions que l'on pense personnelles et intimes mais qui viennent de l'extérieur.

 

 

 

 

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VIRTUELLE OR NOT

Pour beaucoup d'autistes, le virtuel est un lieu pour faire des rencontres, pour discuter, échanger,se confier.

J'ai eût internet il y a 11 ans, auparavant, j'allais dans un lieu où je pouvais consulter des sites gratuitement et je n'avais pas "chez moi" d'ordinateur, et je n'en souhaitais pas.

C'est la solitude et le goût de découvrir des sites intéressants, pour moi "curieuse" de nature, qui m'a fait sauter le pas.

J'ai découvert des blogs, des sites où acheter ce dont j'avais envie sans avoir à parcourir des centaines de kilomètres, j'ai fait des rencontres également.

Certaines ont abouti à des rencontres réelles, d'autres au vue de l'éloignement géographique n'ont pas pu avoir lieu, je ne regrette rien, en tout cas, pas pour l'instant, et je continue d'échanger avec des personnes qui sont loin de moi.

J'ai longtemps pensé que discuter derrière un écran était plus facile, plus confortable.

Avec les années, je nuance mon propos.

Qu'est ce que le confort, qu'est ce que la facilité ? Est ce un plus dans la relation que ce soit confortable, que gagne t on au final dans ce confort, et que perd t on aussi?

Est ce une raison suffisante pour lier contact, rester en contact ?

Je m'interroge....

J'ai pris conscience dernièrement que j'appliquais dans le virtuel, des habitudes à communique provenant du réel.

 J'ai expliqué dans un article précédent, que j'avais trouvé des outils pour contacter les autres, et maintenir une conversation, malheureusement pour moi, ces techniques m'ont apporte beaucoup de problèmes également. Non pas que les personnes étaient méchantes, mal intentionnées, mais ma façon de faire est en faite inadaptée, elle ne reflète pas ce que je suis, ainsi, dans la réalité comme dans le virtuel, les gens se trompent sur à qui ils ont à faire, et je participe activement à cela.

Depuis mon adolescence, 10/11 ans, j'écoute les autres. Je ne dis pas que cela me fait plaisir, ou que j'y trouve du plaisir. Parfois oui, mais souvent non.

Les gens viennent se confier à moi avec une sincérité et une confiance que l'on témoigne à des amis de très longues dates ou à un vieux thérapeute à qui nous avons donné toute notre confiance ; sauf que moi, de mon côté, je suis une personne qui ne souhaite pas du tout, mais alors pas du tout, rentrer dans l'intimité de l'autre, c'est d'ailleurs pour ça aussi, que je ne parle pas de moi. C'est le temps qui va permettre de créer une intimité, ou pas, mais quand elle est à ce point imposer, c'est à vomir.

Justement parce que je ne souhaite pas partager, par des mots, mon intimité, je ne souhaite tout simplement pas créer contact, mais comme il faut parfois créer des contacts quand on travaille ensemble par exemple, ou quand on se trouve en collectivité et bien c'est ma seule façon de faire.

L'hyper-adaptabilité a fait aussi que je me suis rendue prisonnière de ce "truc"(comme un truc de magicien, une illusion) et que rarement les relations fonctionnaient agréablement et que je les brisais vite par "ras le bol".

J'ai mis en place des outils non verbaux très très afutés, qui donnent l'impression, que je suis empathique et dans la relation, au final, j'avoue que passer 10 minutes, je m'ennuie, (la curiosité passe très vite) et que l'agacement s'installe. Si je ne pars pas, ou si la personne ne comprends pas qu'elle doit stopper son verbiage, je sens que la cocotte-minute se met en route !

Ainsi, maintenant, après avoir user et abuser de ces outils qui m'ont amener à avoir un travail, garder un travail, n'avoir aucune période de chômage, être dans la société....il faut que j'apprenne à exprimer verbalement et non verbalement le refus de créer des liens mais de façon adaptée, d'abréger une discussion, et de faire comprendre rapidement à l'autre que je ne suis pas intéressée par le contenu de son discours, même si je sens/sais la nécessité pour lui d'être écouter, voir conseiller. Je ne suis pas à son service (comme pour le travail), je ne suis pas non plus dans l'obligation de répondre à ses besoins.

J'ai au travail une collègue que j'aime beaucoup. Je pourrais être sa mère, elle devient mois après mois une copine, avec qui j'aime être, et avec laquelle je peux avoir de longues conversations en toute confiance.

Elle est totalement différente de moi. Extravertie, bavarde, une pile électrique, très sociable voir de façon "excessive" avec toutes ces soirées, elle n'est jamais seule. Pourtant, nous nous apprécions beaucoup.

Pourquoi : parce qu'elle s'est toujours intéressée à mon univers, et que nous avons des points en commun. 

Les huiles essentielles, la musique, et d'autres petits détails qui font que nous pourrons passer ensemble des moments agréables en dehors du travail : son amour pour la nature, la bière (lol) l'humour trash.

Elle sait que je suis autiste, je peux avec elle, aucunement me freiner sur ma façon de parler, et sur mes nombreuses manies/tics/stéréotypies, elle les connait et elle s'en fout.

Cette tolérance à mon égard et cette tendresse entre filles me font du bien. Elle me fait du bien, elle m'aide à vivre.

J'ai repris goût depuis que je la connais, (un an) à discuter. Discuter vraiment.

Je sais qu'il faut que je travaille ça, que je mette la distance, et qu'au final, tout simplement, il est plus confortable et plus facile tout simplement de rester seule, sans contact !!!!!

Et qu'il est aussi facile et confortable de converser de ce que j'aime.

Fort de ce cheminement, j'ai vu venir à moi, des personnes qui se reconaitront si elles me lisent, avec lesquelles je peux discuter musique, et pas que ; nous parlons aussi de nos vies respectives et j'en ai envie, besoin, nos vies se croissent, et nos expériences partagées se font écho.

La facilité et le confort c'est vraiment ça. Le bien-être avec l'autre.

Si je ne suis plus/pas dans mon éternel position de psy de service alors je reprends vie, je reprends sens, j'ai des bouffées d'oxygène dans les poumons qui m'aident à vivre, car je sais, que je ne peux pas vivre sans l'autre.

Dernièrement, j'ai été invité par des personnes. J'ai refusé ces rencontres car j'ai flairé que j'allais être cette grande oreille géante, que je ne veux pas être. J'ai accepté une rencontre car j'ai senti que la personne était respectueuse d'écouter son interlocuteur.

Malheuresement pour moi, quoi dire quand on a rien à dire, j'ai alors utiliser le pc et j'ai tenté avec courage et appréhension de faire découvrir à la personne mes goûts musicaux : échec, et déception. 

Trop triste, trop lent, trop mélancolique.....J'étais terriblement triste, et mal, car je m'ouvrais sincèrement, et je n'avais pas évalué la portée de ma franchise, j'aurais pu effectivement proposé des choses plus abordables, consensuelles, mais dans quel but ? Si l'envie, le plaisir n'étaient pas présents dans cette démarche ?

Je ne regrette donc rien.

Les passions des autistes,à ce qu'on appelle "les activités restreintes" (je déteste ce choix) font qu'il est sans doute compliqué pour nous de dépasser cet engouement, cet enthousiasme, cette folie-douce quand on devient sociable. J'aurais envie de parler uniquement musique, médecine douce, et Marcel Proust !!!

Mais je ne le peux pas. Bien que si, je le peux maintenant, et je suis heureuse.

Alors quoi faire dans la communication ????

Je ne veux pas entendre l'intimité des gens, car je suis hyperempathique, mon travail me le confirme, et les émotions et histoires des gens m'impactent, elles ne m'intéressent pas, mais leur énergies, leur émotions m'envahissent, d'autant plus que je suis très très sensible aux mots.

Et qu'écouter de la colère, haine, jalousie, malheurs se déversés sur moi et en moi équivaut à m'inoculer du venins mortels ; car ces même gens ne racontent pas leur joie, leur plaisir, ne partagent pas avec moi les moments délicieux de leur quotidient. Non, moi, je suis là comme un mur des lamentations, une sorte de chiotte.

Et si je me considère comme thérapeute dans mon travail, c'est parce que j'y suis. Et que je me suis formée pour cela, que je suis payée pour ça et que les gens viennent me voir et qu'ils ont raison.

Cependant, je ne veux vraiment pas poursuivre ça en dehors de ma vie professionnelle.

Basta.

Il y a une différence et elle est de taille entre "écouter et être écouter, se confier et pouvoir se confier," ET écouter sans que l'autre ne prenne en considération qui je suis, ce que je ressens, vis, pense.

Et finisse même pas me dire des "t'es une fille géniale," "ça m'a fait du bien de discuter".....Un comble.

Pour le virtuel, et pour revenir au début de cet article, et le clore, c'est pareil.

 

 

 

 

 

 

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COMMENT VIVRE LE PLUS SEREINEMENT UNE FORMATION

La semaine a été chargée, j'avoue que je l'appréhendais car elle comportait 4 jours à la suite et des journées très longues (pour moi, cela veut dire, sans coupure, et, en contact casi constant avec les autres).

Mardi, je travaillais. Et je me suis sentie entre "le mur des lamentations" et un toilette !!!!

Je revenais de vacances, et comme il y a de grands bouleversements dans mon entreprise, cela s'accompagne de grandes angoisses, le besoin de sécurité est essentiel à tous ; ma direction m'est donc tombée dessus, j'ai du écouter les plaintes et anxiétés à longueur de journée. 

Prise en étau et en otage entre deux personnes, submergée d'informations sur les résidents, cela a été dure. Je suis rentrée mardi soir, et j'ai fondu en larmes.

On apprends de ses erreurs : à la rentrée (mardi prochain), il faudra que je me positionne plus clairement.

(cf l'assertivité), et que mes mots et ma communication non verbale soient plus lisibles, sinon, "dans le mur".

J'ai très très peu dormi de la nuit de mardi à mercredi : 3/4 heures. La chaleur y étant aussi, comme pour tout le monde, pour beaucoup.

Mercredi matin, à mon levée, j'étais donc en forme très moyenne.

Et trois jours très longs m'attendaient. Tout est relatif, mais pour moi autiste, 8h30/17h30 pendant trois jours d'affilés, cela  peut être un cauchemar. Je plante le décor : une pièce, fermée pour cause de chaleur, 15 personnes inconnus, plus deux formatrices, et du blablas ininterrompus pendant 9 heures !!!!!!!!!!!!!!!!

Du bruits qui vont crescendo pour cause de fatigue collective, une concentration qui se casse progressivement la gueule, et un rythme soutenu car comme pour la majorité des formations, celles-ci sont denses et compactées. Vous avez déjà matière à faire les liens et comprendre ce qui peut se passer dans la tête d'une personne autiste, en l'occurrence moi.

Cela a du arriver à d'autres, cela m'arrivera encore car j'ai des formations régulièrement et je pars aussi de mon gré en formation annuellement afin de m'enrichir sur des sujets que j'aime.

J'étais aller en formation l'année dernière à Bergerac et j'en suis revenu avec tout une analyse dont j'ai tiré des astuces/conseils, choses à éviter/faire afin de bénéficier des avantages de la formation et de ne pas être HS rapidement voir en incapacités de me ressourcer autrement qu'en restant au lit tout un week end.

Mercredi matin, je suis partie avec de l'avance cela me donne la sensation de maitriser mon temps.

Je n'ai pas manger, afin d'avoir un maximum d'énergie disponible. Je ne dis pas qu'il faut sauter le petit-déjeune, mais personnellement cela me convient beaucoup plus qu'un repas copieux.

Et j'ai pris à la place de mon café, un thé vert.

J'ai préparé un "doudou-repas et un doudou-moment" entre 12h30/13h30=>je ne déjeune jamais avec les autres. Cela ne m'est pas possible, et je n'ai pas envie, par ailleurs, c'est un temps pour vidanger de la matinée et me préparer pour l'après-midi.

Le repas doit être léger là encore, j'ai pris conscience que si il est copieux, sucré, graisseux, et moche, et bien, c'est la catastrophe assurée. Je perds une énergie importante et je ne peux pas assurée le temps restant, j'ai du mal à me concentrer et j'ai des maux divers : mal de ventre, à la tête....

J'ai mangé dans le parc, le dos à un arbre, et j'ai pris le temps de déjeuner tout simplement en regardant autour de moi la beauté du lieu. J'ai pris le temps par la suite de m'allonger dans l'herbe, et d'écouter de la musique (london gramar) en regardant le ciel, les nuages, la végétation qui m'entoure, et me concentrer sur mes ressentis : le vent sur mon corps, le soleil qui chauffe, les odeurs des fleurs....

Un grand bien-être.

J'ai fait ça chaque midi, en variant, de musique et de menu mais les essentiels étant de me faire plaisir et de me ressourcer. Pas de portable, pas de personnes autour de moi, pas de pensées négatives, menu light et beaucoup d'eau de source (pas minéral).

Pas de café, pas d'excitant (coca..), et l'aide aussi des huiles essentielles : menthe poivrée, épinette noire.

De la marche avant de regagner le groupe : le parc bénéficie d'une roseraie, et d'une multitude d'arbres dont les noms sont à leur pied. J'ai donc pu profiter jusqu'à vendredi de ces découvertes sensorielles et naturelles tout en marchant et pratiquant la pleine-conscience.

Je ne dis pas que ça apporte de grands bénéfices, ou un grand confort, quoi que, mais sans ces balises, de sécurité, je ne serais pas fraiche et disponible ce matin, ça j'en suis sûre.

Ainsi, j'ai pris aussi conscience que l'impact négatif est à ne pas négliger quand comme moi on donne le change, on se sur-adapte car on s'anesthésie afin de le faire et au moment de la levée de l'anesthésiant on se prend en pleine figure bien des émotions, sensations inconnues et une grande fatigue tombe comme une chape de plomb. Donc, gare à l'hyper-adaptation et son risque premier : la fatigue, et son risque le plus dangereux, le burn-out.

Au sein même du groupe, cela a été crescendo plus difficile.

Le premier jour : j'étais concentrée sur les apports, très enrichissants et la pédagogie des deux formatrices au demeurant très sympathiques, souriantes et agréables.

Le calme était là, timidité oblige, mais c'était sans compter bien entendu, le fait que chacune (nous étions 15 femmes) prenne ses aises rapidement, aïe.

Le deuxième jour a été plus dure, passé l'engouement du début et des découverte théoriques, il a été rapidement question d'échanges entre nous. Et comme à chaque fois, ce sont les plus bavardes et les plus extraverties que l'on entend et qui prennent une place considérable, cela n'inclut pas l'intelligence, ni la pertinence, j'en ai eût encore la preuve.

Dur dur, entre des lieux communs, et des propos certes "vrais" mais il faut aussi le reconnaitre pas très enthousiasmants quand on a besoin/envie d'une nourriture cérébrale plus constituante et de meilleure qualité.

Le bruit a fait son apparition : bruit de fond pendant des heures constitué des conversations entre collegues, rires, poufferies, ricanements, si cela énerve le quidam, pour ma part, cela va au-delà. Je ne peux tout simplement pas me concentrer raisonnablement. Du coup, il faut faire preuve d'une attention forcée, et aller puisse dans des réserves en continue.

Les pauses régulières m'ont servi à aller dans les toilettes afin de l'isoler, et m'arroser les bras, et les jambes.

Le fait de s'occuper de mon corps m'a permis de vidanger l'esprit et là encore être bienveillante avec moi-même.

Le fait aussi de marcher pieds-nus dans le parc, quand cela a été possible m'a beaucoup aider.

Point de pause commune pour moi.

Les  bavardages en collectivité : impossible de poursuivre encore sur le mode "j'écoute-je réponds" et je m'adapte, insupportable !!! la parole est coupée, l'environnement est bruyant, la collegue rentre dans la conversation, il faut reprendre le fil de la discussion, les odeurs de cigarettes, et de café.............NON.

Je bénis ce parc qui a pu m'aider. Je bénis chaque arbre, et chaque fleur qui m'ont apporté par leur présence l'énergie, la beauté, le calme, la grâce qui m'a permis de ne pas m'effondrer.

La troisième journée a été, il faut que je le reconnaisse, très difficile.

Pourtant, il a fait moins chaud, et c'était les dernières heures, et l'arrivée d'un we de trois jours au frais et doudou. Mais quand bien même, cela n'a pas suffit.

La matinée a été comme celle de toutes les formations : un vrai poulailié, est ce que 15 hommes ensemble ressemblent aussi à une volière ? Si certains peuvent me le dire.

Besoin de bavardages, de dire à l'autre son ressenti et de parler de sa vie personnelle, de déposer son petit historique entre "j'ai bien dormi" et "il fait encore chaud", des propos creux dont je ne comprendrais jamais l'utilité sauf dans ma tête car j'ai lu et relu des ouvrages consacrés, mais pour moi : je débarque et j'ai la sensation d'être une martienne qui vient de poser sa soucoupe volante. Ce monde sociale est bruyant, et grossier, je le vis comme une grosse violence dont je ne veux pas être témoin, ni participante. Je dis donc "bonjour" et je pars m'asseoir.

Pas d'adaptation vaine et stérile. Je préfère me préserver.

J'ai du faire des pauses plus importantes, c'est à dire toutes les heures : aller marcher dehors au calme.

J'ai embêter mes autres collègues car il fallait à chaque fois que tout le monde bouge sa propre chaise. Tant pis, personne est là non plus pour m'aider alors il faut que je prenne soin de moi.

Si je m'effondre, personne ne fera mes courses, ma cuisine, mon ménage et j'ai des animaux dont je suis responsable qui comptent sur moi pour manger/boire/sortir.

Etre responsable c'est aussi ça, reconnaître ses besoins.

Vers 11h, je savais que j'avais puissé dans mes dernières réserves.

J'étais "off". Figée, cour-circuitée, les doigts dans les oreilles pour atténuer les bruits (les index)

Je me suis laissée aller, sans me soucier des autres, concentrer sur moi, et non sur les jugements éventuels, que d'ailleurs, je n'ai jamais senti/entendu, le groupe était bienveillant et tolérant.

J'ai pu ainsi, percevoir des bribes des cours, mais je pense que j'étais dans ma bulle noyée dans un environnement de bruits inaccessibles et martelants.

Pause de midi=>moment de grâce, sans doute encore davantage apprécié et donc ressenti. La beauté du lieu, la musique dans le mp3, tout m'est apparu encore plus beau et bon. J'étais sur un petit nuage dont j'ai eût du mal à descendre. Les larmes me sont venus très vite aux yeux sans que je sache si c'étaient des larmes de bonheur ou de douleur.

Etre avec les autres n'était pas possible.

J'avais 1h30 à supporter.

J'ai du sortir toutes les 1/2 heures. Et donc probablement gêner le groupe. Tant pis.

Elles me gênent aussi avec leur fonctionnement neurotypique si agressif, et incompréhensif alors je reste moi et je vis comme je le peux. Je n'ai bien sûr pas eût de remarque, ou de regard désobligeants. Les personnes ont été averti que j'ais des handicapes qui nécessite que je bouge et que je m'isole.

Le fait d'être la seule infirmière parmi des aides-soignantes a probablement aidé. Il y a un respect de la hiérarchie dans le milieu médical et j'en bénéficie comme j'en ai souffert quand il y a 20 ans je faisais des ménages dans les couloirs.

Point d'effusion sentimentale au moment des adieux comme pour la formation de Bergerac. OUF.

Tout le monde est vite parti. Et je n'ai pas trainé.

Pour vidanger l'esprit et reprendre possession de soi-même, se calmer, se ressourcer, et tout simplement "se faire du bien", je suis rentrée chez moi, et je me suis congratuler, remercier.

Je me suis acheter des viennoiseries qui me faisaient envie à ma boulangerie préférée, et j'ai passé deux heures à reprendre contact avec mon corps, car j'en avais besoin.

Je ne vais pas énumérer tout ce que je fais, mais sans doute, que l'attention portée à mon corps est un outil important quand on est autiste.

Toucher son corps, se concentrer sur ce que l'on fait, les odeurs des produits, les textures des gels lavants...ce qu'on voit de soi, reprendre conscience qu'on est entier quand comme moi on souffre de morcellement.

J'utilise des outils comme une brosse afin de frotter tout mon corps, elle appartenant à mon défunt père, et comme lui j'aime l'utiliser. Mon papa aimait que ça appuie, qu'il sente le contact, il fallait alors frotter très fort, et je l'ai vu utiliser une éponge très dure. Cela le calmer aussi. Je comprends mieux et je prends modèle sur lui.

Mon père aimait rentrer du travail et s'enfermer dans la salle de bain. Nous n'avions pas de douche et pas de baignoire, tout était fait au lavabo, et j'avais des parents très propres malgré l'absence de ce que maintenant est devenu des indispensables à l'hygiène.

Il se lavait le visage, le buste, puis les jambes, les pieds, mais débuter par un shampoing aux oeufs dont j'ai le souvenir ému quand je le sens parfois au détour d'un couloir au travail, il utilisait ses mains, et son savon, et se frottait le dos avec ses éponges puis son luffa.

Il se mettait en pyjama, et en robe de chambre l'hiver car il était frileux.

Puis aller rituellement prendre place sur le canapé et regardait la télévision, seul et sans un mot.

Il dinait seul et sans un mot. Nous ne mangions pas avec lui car il n'aimait pas ça.

Je mangeais donc avec ma mère dans la cuisine, et je le servais et le débarrassais avec beaucoup de plaisir et de joie afin qu'il ne manque de rien, il était très sensible à cette tendresse silencieuse que je lui apportait, j'embrassais ces cheveux mouillés, qui sentaient si bon et qui étaient si beaux, nos rapports étaient silencieux.

Mon père a sur prendre soin de lui après bien des tempêtes personnelles, des ouragans intimes : l'alcool, la cigarette, la violence, la folie...tout s'est arrêté quand il a arrêté de se sur-adapter aux autres...........il a pu alors bénéficier de 20 ans de vie confortable jusqu'à sa mort.

Silencieux, lointain, avec ces animaux, dans son jardin, dans la nature. Pas de lien, pas de bavardages inutiles.

Il a ainsi seul arrêter de fumer ces deux paquets de gauloise quotidienne, de boire ces litres de bières, et de nous taper dessus, d'être agressif, et de se comporter comme un brave neurotypique qu'il n'était pas.

J'ai fini ma journée en pensant à lui, et je me suis sentie heureuse, j'ai fait tout comme lui, une fois de plus.

Je ne me suis pas concentrée sur : qu'est ce qu'on a pensé de moi....Je m'en fous.

J'ai pensé à ce que j'ai pu mettre en place pour tirer bénéfices de ma semaine chargée mais intéressante, et que je partage dans cet article, je me suis centrée sur moi et mes ressentis, je ne dis pas que c'est facile, et confortable mais je suis satisfaite de moi, et pour moi, c'est l'essentiel. Le reste est vain.

 

 

 

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LIENS

Si créer des liens avec l'autre est difficile, mais auquel cas, pas impossible, ce qui est impossible au vue de mes observations sur les 10 dernières années de ma vie, on peut même dire 15 dernières années, c'est la capacité à maintenir ce lien.

Je n'y arrive tout simplement pas.

Je n'ai gardé aucun contact avec les personnes que j'ai pu rencontré au cours de mes formations, études, activités professionnelles...Je n'y arrive pas. Je préviens l'autre au moment de l'échange des coordonnées :

"- tiens, je te donne mon email, portable, fixe...."

-"merci mais tu sais, pour moi, c'est difficile".

"-tiens...."

Et je me retrouve avec des papiers qu j'enregistre dans mon pc et mon portable car je suis très "scolaire" dans ma façon d'être, je fonctionne en mode "automatique", je fais ce que j'ai appris donc. Et je prends conscience, trop tard, que le coeur n'y est pas, et que du coup, je n'ai ni envie, ni besoin, ni désir de maintenir le contact donc je suis aux abonnés absents. Mais cette prise de conscience demande beaucoup de temps, j'ai une auto-analyse hyper lente. Et je peine à identifier mes ressentis.

Je suis consciente de la surprise, peine, colère que je peux provoquer. Elles ne durent pas longtemps ces émotions, mais elles sont indigestes, je n'y peux rien, je ne peux pas.

Je peux être "agréablement ouverte", "agréablement timide" mais passé le temps ensemble avec un but commun (formation, travail...), il n'y a plus rien, je pense même qu'il y a jamais eût quelque chose de l'ordre de la relation mais sans doute des illusions, de la surface.

Fonctionner en mode mental est à la fois facile, mais frustrant. Pratique, confortable mais limitatif.

Il faut de l'affect, des émotions, pour que vive la relation ; il faut déposer du Soi dans la relation, s'abandonner à autrui avec confiance, être touchée par l'autre, et ça, c'est compliqué. Sur du moyen terme, mais aussi, tout bonnement difficile à mettre en place, cela ne me vient pas naturellement.

Au cours de mon diagnostique, j'ai pu échanger autour de ce point-là, j'ai sans doute aussi un passé "traumatisant" qui fait que je ne baisse par la garde. Et que je ne me sens pas suffisamment sécure pour avancer sereinement dans une hypothétique relation.

Les échanges virtuels se sont tous soldés aussi par une coupure, au bout de quelques temps. Paradoxalement, si je suis dans l'inconfort dans la relation traditionnelle, je la préfère, à celle virtuelle.

J'en connais les malices, et les écueils et j'observe un impondérable : le contenu doit être informatif (échanges autour d'une passion communes) et non invasif. 

Echanger des liens, des sources d'informations sur ce que j'aime est une vrai bonheur. 

Me permettre de passer un bon moment musical, ou de lecture, ou de visionnage, est un cadeau que l'on me fait. Nul besoin d'autre chose, sauf sans doute, le fait de partager les émotions, et analyses communes.

Au virtuel, je ne demande rien d'autre. 

L'exigence du réel, le fait que je dois sortir d'une zone de confort m'intéressent davantage. Je reconnais sa difficulté mais j'aime le fait d'évoluer, à travers ce qui me posent problème, j'en apprends sur moi, et sur les autres, mais sous formes de traits d'union et de points finals.

J'aime le fait de bénéficier aussi de la communication non verbale, et de mes intuitions, et de mes ressentis corporelles. Et ça, le virtuel ne le permet pas.

Se nourrir des bienfaits de la Nature rend plein. Plein d'energies, d'Amour, de force, de prise de conscience de certains choix, de renoncements...pour rester honnête avec soi-même, ne pas se mettre en péril en ne respectant pas ce que les heureuses et douloureuses expériences passées m'ont permis d'apprendre. 

 

 

 

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"TROP DE BLABLAS"

Cette semaine de reprise du travail a été "riche" en échanges au travail.

Donc, épuisante. Malgré le fait que les contenus des discutions puissent être intéressantes, et stimulantes, au fur et à mesure que passent les jours, je suis vidée et j'attends les dernières heures qui vont signifier que "tout ça"va s'arrêter.

Il est en des semaines plus épuisantes que d'autres, j'essaie d'y réfléchir afin de prévenir pour les prochaines fois les fatigues et les difficultés d'autant plus que je ne peux pas partager mes ressentis dans certains contexte de vie.

Une 1/2 journée de formation, une nouvelle collègue au travail qui vient nous aider, une collègue en mode "agressive-je déverse tout" ... peuvent avoir raison de mon bien-être et avoir des répercutions sur le reste : anorexie, perte de sommeil...

Au final, je n'ai aucune rancoeur, ou agressivité envers ces personnes pour lesquelles j'ai même de la sympathie mais s'adapter à l'une puis à l'autre, et parfois au même instant quand elles se succèdent autour de moi est épuisant, le pire étant que deux savent que je suis autiste-asperger, mais sans jamais m'avoir demandé ce que c'est vraiment pour moi le TSA.(cependant, je suis libre avec elles de leur demander de l'aide ou de ralentir/stopper la conversation mais bon ce sont de grandes bavardes et de grandes agitées)

J'ai observé quelques points particulièrement explosifs :

1-la personne qui veut parler, absolument, quand moi je ne veux/peux pas.

Je ne peux pas commencer la journée par des bavardages sociaux, je sais que je ne serais pas OP jusqu'à la fin de ma journée au travail et il faut que j'y sois.

J'ai revu une personne qui va répéter la même phrase un nombre incalculable de fois alors qu'elle a la réponse juste me semble t il pour bavarder, parce qu'elle s'ennuie. Aller manger plus tôt, discuter ailleurs, aller prendre un café ne lui semblent évidents.

- "je pense que je vais partir plus tôt".

-"oui, si tu veux"

-"j'ai des trucs à faire chez moi........................y a plus rien à faire hein........?? oui.............Je vais partir plus tôt..............à la maison, j'ai des choses.................Je vais partir après déjeuner hein.............."

- "    "

quelques minutes dans le silence.........

- "je vais y aller après le repas.........................je vais rentrer chez moi................je vais partir plus tôt"

- "oui"

-"ça sert à rien que je reste..................y a plus rien à faire............."

Et ça dure et ça dure, elle voit que je lis, que je dois me concentrer sur des papiers, et elle insiste à penser tout haut, et à radoter, pffffffffffffffffffff, mais part manger ton repas, fais ce que tu veux mais fiches moi la paix, je m'en fous!!!!!!!!!!!!!!!!

Il y a quelques années encore, je disais les choses aussi frontalement que ça!!!!!!!!!!!!

Sèchement et sans un regard. Qu'importe.

2- la personne en mode "j'ai besoin de lâcher tout mes mots et qu'importe"

Deux cas de figure autour de moi :

Celle qui déverse et "je ne comprends rien", pas d'organisation de phrases quand elle s'exprime, pas de lien entre les différentes choses qu'elles abordent, n'attend aucune réponse ou de mots de ma part (parle plus fort quand je veux répondre, me coupe la parole quand j'émets un début de phrase....)mais débite un discours long qui s'éternise comme un gros dégeuli dans une bassine. Pouaf.

Elle parle vite, très vite, fort, très fort, elle est très, trop près de moi, elle s'agite en grands mouvements de bras, et les expressions de son visage sont à la longue fatigantes de changements.

Elle rit, elle pleure, elle revient sur ce qu'elle dit, se contredit, parle d'un truc puis d'un autre, bref une épuisante.

Celle qui n'a aucune idée de pourquoi elle parle à l'autre

Ca parle beaucoup, beaucoup dans mon milieu. Univers féminin, de bavardes et d'extraverties, qui vivent des expériences pas simples à gérer (la nudité, la souffrance, la laideur, la puanteur, l'ingratitude d'un travail souvent très très dévalorisé et aussi épuisant physiquement).

Parler est une sorte de défouloir, les mots permettent de tisser des liens entre elles, d'unifier et solidifier le groupe et d'auto-réguler les émotions, conflits...

Pour ma part, j'ai la chance de ne pas à avoir à m'intégrer au groupe, mes échanges sont professionnels, factuels, précis et clairs. Peu de familiarité, ou de proximité, d'affectif.

Mais, je peux subir "la volière" régulièrement.

Elles parlent en même temps, ne s'écoutent pas, passent du coq à l'âne, font un bruit digne d'une basse-cour, elles ne se répondent pas quand elles se posent des questions....

Une vraie diarrhée.

Mais, elles semblent heureuse, alors que je suis exsangue à mon bureau, à demander un silence qui peine à se mettre en place comme une maîtresse d'école dans une maternelle.

Captant toutes les conversations mais sous forme de mots enregistrées que je tente de déchiffrer, j'avoue m'épuiser et avoir davantage des vibrations de mots qui bourdonnent dans mes oreilles que des discutions cohérentes. Je finis par lâcher-prise, et effectivement, les discours deviennent indéchiffrables, je suis ébéttée, hagarde, je me mets sur "off" pour ne pas faire court-circuiter le système qui chauffe.

Je conseille la bd de Julie Dachez qui résume mieux que moi par les dessins et les bulles ce que je peux vivre au travail, je trouve que toute la partie anté-diagnostique résumé complètement ma vie.

3 Les personnes dont la communication est pleine de sous-entendus, d'implicite, et de tergiversations.

Le pire, le must de ce qui m'agace, me fait péter un plomb, me fait devenir folle.

Je vous assure que je pèse mes mots, tant, dans la réalité, c'est tristement ça.

Je ne supporte plus ce mode de communication, je le reconnais, donc j'y suis sans doute beaucoup plus réactive qu'auparavant où je le subissais sans comprendre alors pourquoi j'étais si mal vis à vis de certaines relations.

C'est juste l'écueil, la zone d'inconfort que je vais accepter et tolérer, dans un contexte professionnel (famille, résident) mais que je vais devoir contrôler dans un contexte autre.

"soyez plus claire", "quel est votre demande", "que voulez-vous"....en boucle, jusqu'à ce que l'autre assume ce qu'il dit, ce qui n'est pas dit clairement, n'est pas pensé clairement, et ainsi de suite.

Je n'hésite pas non plus à dire "je pense que vous avez besoin de temps pour que ça soit plus clair, revenez quand vous aurez cheminer"

Pour moi, on ne peut pas dialoguer sereinement et de façon constructive avec des personnes avec une telle manière de faire. S'épuiser à défaire les noeuds des blablas, retenir que ce qui semble pertinent, identifier la problématique dans le fatras de mots..........quelle névrose.

BILAN / Discuter avec des personnes assertifs est vraiment un plaisir. Des personnes calmes, posées, qui prennent le temps de choisir un mot, qui sont attentifs aussi à la réponse de l'autre, à ce qu'il dit, et qui n'hésite pas alors à poser des questions me sont aidantes.

Qui ne sont pas trop près physiquement aussi.

Et dont le discours respire. Des pauses, des mots, des pauses, des mots. 

Qui savent ce qu'elles sont venues chercher quand elles parlent à l'autre (information, écoute, conseils)

Parler est une chose, communiquer une autre.

La majorité des personnes sont dans la catégorie première. Une sorte d'immaturité sans doute qui font qu'ils n'ont pas appris/compris les enjeux du langage, l'impact quand on décide de parler à l'autre, pour soi, et pour lui. Ce besoin de déposer par petits tas son vécu à qui veut bien l'entendre.

L'échange d'information est au coeur de ma communication verbale.

Parler de moi, de ressentis, de choses personnelles est autre chose. Je ne peux clairement pas le faire dans mon travail, ni avec des inconnus, ni spontanément. C'est très très difficile. Et cela demande une grande confiance en l'autre. Je ne parle jamais de ce que je fais en dehors du travail, ni de mes vacances, ni de ma vie intime, ni de mes ressentis, ni de mes angoisses, un peu de ce qui me fait rire, jamais de mes passions.

C'est sans doute pour ça aussi, que les personnes me pensent disponibles à les écouter.

Ce qui est faux. Ne serait ce que parce que je n'en ai aucune envie. Je peux passer des semaines sans parler, sans échange, autres que ceux informatifs donc limités.

Je ne suis pas une personne disponible. Cela me coûte. C'est une démarche énergivore, et parfois anxiogène aussi, qui créé beaucoup de parasitages.

J'ai mis du temps à le comprendre.

Je n'ai pas cette curiosité sociale, d'autant plus, que je suis limitée aussi dans ma capacité à maintenir des liens sociaux/amicaux, il me faut alors un intérêt commun, et encore, cela ne fait pas tout.

Chez moi, je suis heureuse.  En extérieur, moins, car je suis en contact avec des personnes avec lesquelles je ne me sens pas venir de la même planète, je sens un décalage et il me pèse, je les subis plus que je l'ai choisi, et je sens pesée sur moi le poids de ma différence, de ma solitude (qui devient légère quand je suis seule). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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